Newsletter de janvier 2026
Mon Bilan 2025 : L'Année Où J'ai Joué au Chat et à la Souris avec la Mort (et Où J'ai Décidé de Tout Changer)
Salut à toi,
Accroche-toi, parce que je vais te raconter mon année 2025. Et crois-moi, si t'as déjà pris le Tonnerre de Zeus au Parc Astérix, tu vois le délire : des montées interminables, des descentes vertigineuses, des virages qui te retournent le cerveau.
Bah 2025, c'était ça. En 10 fois pire. Ou mieux. Je sais plus trop.
Janvier-Mars : Quand tout roule (un peu trop)
Le premier trimestre, niveau pro, ça cartonnait. Je me disais "putain, cette année c'est la mienne". Les clients, les projets, tout avançait.
Niveau perso aussi, ça roulait. Jusqu'à mon anniversaire.
Je me suis infligé ça toute seule. Parce que je ne me suis pas respectée. Point. Bien fait pour moi.
Petite parenthèse : Si t'as vu mon post du 3 décembre sur les repas de fin d'année, devine quoi ? C'est aussi lié à cet anniv de m… Donc si toi aussi tu flippes pour les fêtes, tu n'es pas seul·e. On est plusieurs.
Mais il y avait déjà quelque chose qui pesait depuis fin 2024. Mon "petit frère" a un cancer. Et émotionnellement, c'est très compliqué. J'ai peur pour lui. Cette peur qui te serre la gorge, qui ne te lâche jamais vraiment.
Et puis il y a ma maman. Le deuil blanc. Cette souffrance dont j'ai déjà parlé en avril dans ma newsletter. Elle est là physiquement, mais mentalement... elle s'en va petit à petit. Et ça, c'est usant mentalement parce que ça ne finit pas. Ça s'étire, jour après jour.
Avril : Le début de la chute libre
Avril arrive, et boom. Baisse d'activité. Brutale.
"C'est général", qu'ils disent. "Le contexte", qu'ils disent. Ouais bah avec les guignols qui nous gouvernent, forcément ça va pas fort. Les gens ont peur, ils se recroquevillent, et résultat ? Le bien-être et la santé mentale, ça passe en dernier plan.
Sauf que j'ai un frigo à remplir, moi. Des factures à payer.
Mai-Août : La spirale de la panique
Ça continue. L'activité ne remonte pas. Je commence à vraiment paniquer. Genre nuits blanches à regarder mes comptes en me demandant comment je vais faire pour payer mes charges.
Le stress qui te ronge. L'angoisse qui te bouffe. La peur pour mon frère. Le deuil blanc avec maman. Tout s'accumule.
Et pour couronner le tout ? L'URSSAF qui me tombe dessus et qui m'enterre littéralement. Merci ! Timing parfait.
L'été passe quand même. Mes 2 copines de Belgique viennent me voir, on en profite, on décompresse un peu. Ça fait du bien de se rappeler qu'il y a autre chose que les factures qui s'accumulent et la peur qui te grignote de l'intérieur.
Et niveau pro ? Une petite idée commence à germer dans ma tête. Un truc qui pourrait tout changer.
Septembre : Je relève les coudes (ou j'abandonne)
Septembre arrive et je prends une décision : je me donne 6 mois. 6 mois pour savoir si je ferme boutique ou si je continue et je m'enterre encore plus.
Parce que ça fait 5 ans que je suis en place. 5 ANS. Ça serait vraiment con d'abandonner maintenant, non ?
Alors je fais quoi ? Je m'inscris à une formation communication et marketing.
Parce que j'avoue : je ne sais pas faire. Je suis trop brute. Je n'arrondis pas les angles. Je dis les choses cash. Et apparemment, les gens n'aiment pas ça. Ça ne rentre pas dans le moule.
( Enfin ça c’est ma projection que les gens n’aiment pas)
Mais pendant ce temps, niveau perso, mon corps commence à lâcher.
Des douleurs. La ménopause qui me fait vivre un enfer. Et maintenant, suspicion de névrome de Morton (c'est au niveau du pied, et si opération, c'est arrêt total pendant quelques temps, zéro appui).
Et puis le Marathon des Sables qui se prépare. Inconsciemment, je développe des douleurs somatiques. Je fais la forte, mais je n'en mène pas large. Je vais en terre inconnue. Et je porte tout ça : la peur pour mon petit frère, le deuil blanc de maman, les galères financières, mon corps qui me lâche.
15 jours avant le départ : Le cœur qui pète un câble
15 jours avant de partir, lors de mon test à l'effort, le cœur part en vrille.
Le lendemain, je passe une coronographie. On me parle de pose de stent. Et si stent, pas de MDS...
Je pleure. Je suis près du but. Je veux le faire.
La coronographie est bonne. Sauf que l'ECG ne l'est pas.
4 jours après, je retourne en clinique pour faire une régularisation du cœur. Sans anesthésie générale au début, et puis ça part en biberine, c'est du mauvais côté, et je finis avec une AG.
Ça, c'est le 22 octobre.
Le 31 octobre, je dois m'envoler pour la Jordanie pour faire 100 bornes dans le désert, dans le sable mou.
Je suis inconsciente
Oui, je suis inconsciente. Je joue au chat et à la souris avec la mort.
Elle m'a pris mon gosse. Je vais lui montrer qui a le dernier mot.
Sauf que je suis complètement à côté de la plaque. Parce que je sais pertinemment que la mort décide. Et que je ne pourrai rien faire. Point barre.
Donc à quoi bon jouer avec elle ?
Je suis tête brûlée quand même. À la maison, mon mari ne dit rien, mais je le vois soucieux. Et Rémi est furax. Il montre sa colère, sa peur.
Il m'est strictement imposé de ne pas faire de sport. De faire attention. Parce qu'ils sont passés par l'artère fémorale.
Je pars le 31 octobre sans avoir testé la machine cardiaque.
3 novembre : Le désert
On débarque dans le désert après 5h de car.
C'est fabuleux ( ça je le dirai les dernières heures car à la première étape , j’étais loin de dire ça )
Je suis coupée du monde. Sans réseaux. Sans RIEN. Juste moi, le silence, le sable et le vent dans les dunes.
Loin des factures. Loin de l'URSSAF. Loin de la peur .Loin de tout.
Je m’abandonne au destin , je ne peux rien contrôler.
J'ai le temps de réfléchir à ce que je veux vraiment faire.
je pense à mes enfants, mon mari, mes petites filles, mon petit frère et aux autres personnes qui comptent pour moi y compris mes clients.
Le retour : La vraie décision
Je rentre. Je m'inscris dans des groupes d'entrepreneurs. Je prospecte. Je change ma stratégie de comm.
Parce que prospecter ne veut pas forcément dire VENDRE en premier lieu. Prospecter, c'est aussi faire du lien.
Et mon lien, mon dada, ma came, c'est l'accompagnement du deuil.
Le DEUIL.
Personne n'en parle en entreprise. Dans les écoles. Dans les institutions. Parce que c'est un sujet tabou.
Sauf que 100% des individus sont concernés ou ont déjà été concernés.
Moi la première. J'ai perdu mon fils. Je vis un deuil blanc avec ma maman. J'ai peur pour mon petit frère qui se bat contre un cancer. Je côtoie des clients qui rencontrent la même chose.
Je vais garder mon cabinet, oui. Mais les aléas de la vie nous poussent à nous surpasser, à nous réinventer.
Et si je n'essaie pas, je ne veux surtout pas avoir ce regret.
Le regret de ne pas avoir essayé d'aller frapper aux portes des entreprises.
Pourquoi les entreprises ?
Parce qu'un agent, un employé, un salarié, un manager... qui perd un proche, ou même une personne dans l'enceinte du travail, c'est désengagement, absentéisme, démission.
Ça coûte à l'entreprise. Ça désorganise. Si il n'y a pas d'empathie, pas d'humanité.
Alors je trouve ça essentiel de mettre ça en place.
Parce que le deuil, on le vit tous. Mais on n'en parle pas. On fait comme si on allait bien. On revient au boulot 3 jours après l'enterrement et on fait semblant d'être opérationnel.
Bullshit.
Le deuil, ça dure. Ça revient par vagues. Ça te percute quand tu t'y attends le moins. Et si l'entreprise ne le comprend pas, si elle n'accompagne pas ses équipes, tout le monde y perd.
Conclusion
Voilà. 2025, c'était ça.
Une année où j'ai failli tout perdre. Où j'ai joué avec ma vie. Où j'ai touché le fond. Où j'ai pleuré. Où j'ai eu peur. Où j'ai vécu plusieurs deuils en même temps.
Mais aussi une année où j'ai décidé de me battre. De ne pas abandonner. De réinventer mon projet. De porter haut et fort ce sujet qui me tient aux tripes : le deuil.
Parce que tout le monde est concerné. Et que personne n'en parle.
Et maintenant, c'est là que TON rôle rentre en jeu.
Si tu m'as lu jusqu'ici, c'est que mon histoire t'a touché. Peut-être que tu t'es dit "putain, c'est moi aussi ça". Peut-être que tu connais quelqu'un qui galère. Peut-être que tu bosses dans une entreprise qui pourrait bénéficier de cet accompagnement.
Alors voilà ce que je te demande :
Si tu as des contacts, si tu connais des entreprises, des PME, des TPE, je serais ravie que tu parles de ce projet. Que tu récoltes des contacts pour que je puisse aller les rencontrer.
Envoie-moi un message. Partage cette newsletter. Parle de moi autour de toi.
Parce que ensemble, on peut changer les choses. On peut mettre l'humain au cœur de l'entreprise. On peut briser ce putain de tabou.
Avec toute mon empathie,
Sylvie
P.S. : J'ai créé une Boîte à Outils d'Urgence Deuil. Elle est au prix de 39€.
Elle est là en cas de besoin, quand le deuil resurgit. Parce que le deuil n'est pas linéaire.
Il y a des audios, des PDF, une carte ludique, et des bonus.
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